Communiqué


9 Juin 2008

Attentats du 16 mai 2003 Casablanca (Maroc) : ouverture du procès devant la cour d'appel de Paris

Procès devant la cour d'appel de Paris, 9, 10, 11 juin 2008 du jugement rendu le 11 juillet 2007 par le Tribunal de Grande Instance

Attentats du 16 mai 2003, Casablanca, Maroc

Les faits :
Dans la nuit du 16 mai 2003, cinq attentats à l'explosif sont commis à Casablanca (Maroc) contre :
- la Casa Espana, rue Lafayette ;
- le Consulat Général de Belgique et le restaurant "Positano", rue Al Farabi ;
- l'Hôtel Safir, avenue des Forces Armées Royales ;
- le Cercle de l'Alliance Israélite, rue Lacépède ;
- un cimetière juif.

Les victimes :
43 morts dont 3 Français.
Parmi la centaine de blessés, deux ressortissants français.

La revendication :
Ces attentats sont imputés à Al Qaïda. Oussama BEN LADEN avait menacé le Maroc et appelé, depuis le Pakistan, à perpétrer davantage d'attentats suicides anti-occidentaux. Enregistrement vidéo de mars 2003 repris par un article paru dans le quotidien "Arab News".


L'enquête au Maroc :
Pour les enquêteurs marocains, les auteurs appartenaient à la "Salafia Jihadia" dont des membres avaient été arrêtés en juillet 2002. Ce mouvement était dirigé par Youssef FIKIRI qui a été condamné à mort par la Chambre criminelle de Casablanca.

L'enquête a permis d'établir que la "Salafia Jihadia" était en relation avec le Groupe Islamique Combattant marocain (GICM), le Groupe Islamique Combattant libyen, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat et Al Qaïda.

Les autorités marocaines ont interpellé plusieurs opposants islamistes parmi lesquels :

- Nourredine NAFIA alias ABOU MOUAD qui dénonçait l'existence d'une cellule française du GICM comprenant : Mustapha BAOUCHI, alias Youcef le Français ; Idriss le Français qui se révéla être Rachid AIT EL HADJ ; Bachir GHOUMID alias Abdallah le Français ; Sofiane le Français qui se révélait être Fouad CHAROUALI ; Mourad le Français qui se révélait être Rédouane ABERBRI.

- Al Tayeb BENTIZI alias Abou Khaled alias Al Haj Youssef : il mettait en cause dans le cadre du soutien logistique au GICM : Bachir GHOUMID, Attila TURK, Mustapha BAOUCHI.

- Mohamed EL GUERBOUZI alias ABOU ISSA, qui était chargé pour Al Qaïda de la formation dans les camps afghans. Il a été condamné par contumace par la Chambre Criminelle de Rabat à la peine de 20 ans de réclusion criminelle pour son implication dans les attentats de Casablanca.

Sur le fondement de ces déclarations, des mandats d'arrêts internationaux ont été délivrés le 3 octobre 2003 par le Procureur Général du Roi près la Cour d'Appel de Rabat à l'encontre de : Rachid AIT EL HADJ alias DRISS présenté comme de nationalité marocaine ; Fouad CHAROUALI alias SOUFIANE AL FARANCI titulaire d'une carte d'identité marocaine et d'un passeport marocain ; Bachir GHOUMID alias ABDALLAH titulaire d'une carte d'identité marocaine et d'un passeport français ; Mustapha BAOUCHI, alias YOUSSEF AL FARANCI titulaire d'une carte d'identité marocaine.
L'enquête en France :
Une information a été ouverte en France le 19 mai 2003 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, assassinats, tentative et complicité au préjudice des victimes françaises des attentats de Casablanca, infraction à la législation sur les explosifs, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Les personnes suivantes ont été interpellées par la DST :
- Attila TURK et son épouse à l'aéroport de Roissy CDG alors qu'ils étaient en partance pour Istanbul, le 4 avril 2004
- Rachid AIT EL HADJ, Rédouane ABERBRI, BAOUCHI Mustapha, Bachir GHOUMID, Fouad CHAROUALI et son épouse aux Mureaux, à Aubergenville et à Mantes la Jolie, le 5 avril 2004
- Hassan BOUTAGNI et son épouse à Mantes la Jolie, le 7 février 2005
- Jamal OULAHSEN à Mantes la Jolie, le 12 décembre 2005.


Le résumé de la procédure en France :
Plusieurs commissions rogatoires internationales ont été diligentées par les magistrats instructeurs au Maroc, en Belgique, en Italie et en Espagne. Elles ont permis le démantèlement de la cellule de Nador et la mise en cause de Mohamed EL HARAOUI dont le cas a été disjoint, le démantèlement de la cellule de Maasiek en Belgique pour laquelle une information a été ouverte.

2 Avril 2007 Réquisitoire écrit du Procureur de la République

4 avril 2007 Ordonnance du juge d'instruction, Philippe Coirre :

Renvoi devant le Tribunal correctionnel de Paris de : Redouane ABERRBRI, Rachid AIT EL HADJ, Mustapha BAOUCHI, Hassan BOUTAGNI, Fouad CHAROUALI, Bachir GHOUMID, Jamal OULAHSEN et Attila TURK, pour délit d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en vue de préparer les attentats de Casablanca du 16 mai 2003.
Le cas de Mohamed El Haraoui a été disjoint. Deux personnes ont bénéficié d'un non-lieu partiel.
Tous les prévenus ont bénéficié d'un non-lieu pour la commission de crimes. Aucune personne est poursuivie en qualité d'auteur ou de complice des attentats de Casablanca.

11 Juillet 2007 Jugement du Tribunal correctionnel de Paris

Le Tribunal correctionnel a reconnu le caractère terroriste du GICM, notant que le GICM figure, depuis octobre 2002, sur la liste ONU des entités en lien ou associées à Al Qaïda.

Les peines suivantes ont été prononcées, pour délit d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste :

- Attila Türk : associé de longue date aux activités de la cellule française du GICM, il a été condamné pour des faits commis courant 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 en Turquie, Iran, Maroc, Belgique et en France, à 6 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 48 mois.
- Bachir Ghoumid : Il a été condamné pour des faits commis courant 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 en Turquie, Espagne, Iran, Belgique, Afghanistan, Royaume-Uni et en France à 7 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 56 mois.
- Fouad Charouali : il appartient depuis longtemps au GICM et y exerce une influence certaine. Il a été condamné pour des faits commis courant 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 en Syrie, Turquie, Espagne, Royaume-Uni, Iran, Afghanistan, Belgique, et en France à 8 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 64 mois.
- Mustapha Baouchi : considéré comme l'élément central du GICM en Europe et plus particulièrement en France, il a été condamné pour des faits commis courant 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 en Afghanistan, Turquie, Belgique, Iran, Italie, Pakistan et en France à 10 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 80 mois et d'une interdiction du territoire français à titre définitif.
- Rachid Ait El Hadj : son engagement en faveur de l'Islam radical est ancien. C'est en Syrie qu'il a été recruté par le GICM puis qu'il a été affecté à la gestion d'entreprises créées avec des fonds provenant du Djihad international dont les bénéfices finançaient le GICM. Il a été condamné pour des faits commis courant1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 en Syrie, Turquie, Belgique, Italie, Iran, en Afghanistan et en France à 8 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 64 mois.
- Redouane Aberbri : soutien financier au GICM, il a été condamné pour des faits commis courant 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 en Iran, Turquie, Belgique, Italie, Maroc et en France à 6 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 48 mois. Un mandat d'arrêt a été délivré à son encontre.
- Hassan Boutagni : chargé de recruter des jeunes à partir vers la Syrie pour être mis en relation avec des opérationnels du GICM, il a été condamné pour des faits commis courant 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004 au Maroc, en Syrie et en France à 5 ans de prison assortis d'une interdiction du territoire français à titre définitif.
- Jamal Oulahsen : il a apporté une aide à des membres du GICM et a été condamné pour des faits commis courant 2003 et 2004 en France à 1 an de prison assorti du sursis simple et d'une amende délictuelle de 3000 Euros.


Appels du jugement du Tribunal correctionnel de Paris
Trois des personnes condamnées, Rachid Aït el Hadj, Attila Türk et Redouane Aberbri ont fait appel du jugement du 11 juillet 2007.
Le ministère public a formé des appels incidents.


10 octobre 2007 Ordonnance de renvoi devant le Tribunal Correctionnel de Paris
Mohamed El Haraoui, dont le cas avait été disjoint, est renvoyé devant le Tribunal correctionnel de Paris pour délit d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme.


Les juges d'instruction, les parties civiles et l'avocat :
Le dossier a été instruit par les juges Jean-Louis Bruguière et Philippe Coirre.
Me Georges Holleaux est l'avocat de l'association SOS Attentats seule partie civile dans cette procédure délictuelle.


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